Aller au contenu
Entreprise et emplois

Qu’est‑ce que Leadfeeder et comment peut‑il aider votre entreprise ?

Leadfeeder, désormais intégré à l’offre Dealfront, aide à repérer les entreprises qui consultent un site B2B et les pages visitées. Il peut guider une prospection mieux ciblée, à condition de ne pas le confondre avec un outil d’identification nominative et de respecter le RGPD.

Publié le
Temps de lecture
12 min · 2 622 mots
Rubrique
Entreprise et emplois
Deux collègues B2B analysent des visites d’entreprises sur un site web.

Les signaux de visite servent à prioriser des comptes, puis doivent être qualifiés par une personne.

Sommaire · 5 sections

Leadfeeder est un outil d’intelligence commerciale B2B : il analyse les visites d’un site et tente d’associer certaines d’entre elles à une entreprise plutôt qu’à un internaute nommé. Une équipe marketing ou commerciale peut alors voir qu’une société correspondant à sa cible a consulté, par exemple, une page tarifs, une étude de cas ou une fiche produit, puis décider si ce signal mérite un suivi. Depuis le rapprochement des marques Leadfeeder et Echobot, cette technologie est proposée dans l’écosystème Dealfront. Son nom, ses formules et ses connecteurs peuvent évoluer : vérifiez l’offre exacte au moment de l’achat.

Ce type de service peut aider à trier les priorités de prospection, pas à « révéler » tous les visiteurs. Il fonctionne mieux pour un éditeur de logiciel, un cabinet de conseil ou un industriel vendant à des organisations identifiables que pour un site grand public. Et il doit être déployé avec un bandeau cookies, une information RGPD et des règles internes adaptés au traitement réellement effectué.

Leadfeeder : ce que l’outil voit réellement, et ce qu’il ne voit pas

Web visitor intelligence
La web visitor intelligence regroupe les outils qui transforment des signaux de navigation sur un site, pages vues, source de trafic, durée ou répétition des visites, en indications exploitables par une équipe B2B. L’objectif est d’identifier un compte potentiel et son niveau d’intérêt, non de surveiller individuellement tous les internautes.

Le principe repose notamment sur l’adresse IP utilisée pendant la visite, des bases de correspondance entre plages d’adresses IP et organisations, et les données de navigation remontées par le tag installé sur le site. Une fois une entreprise reconnue, l’interface peut afficher son secteur, sa taille estimée, les pages consultées, la source d’acquisition et le nombre de visites. Selon l’offre souscrite et les connecteurs activés, ces signaux peuvent aussi remonter dans un CRM ou un outil de prospection.

Les informations utiles et leurs limites dans un outil tel que Leadfeeder
Signal observéCe qu’il peut indiquerLimite à garder en tête
Entreprise associée à une IPUn compte B2B potentiellement intéresséAssociation parfois absente ou imprécise
Pages consultéesSujet ou offre ayant suscité l’intérêtUne page vue ne prouve pas un projet d’achat
Source de visiteCampagne, recherche ou lien partenaire performantL’attribution peut être incomplète selon les traceurs
Visites répétéesIntérêt à surveiller dans le tempsPeut venir de plusieurs salariés ou d’un prestataire
Données CRM existantesCompte déjà connu et propriétaire commercialLa qualité dépend des données déjà saisies
Les signaux doivent servir à prioriser une vérification humaine. Ils ne constituent ni une preuve d’identité, ni un consentement à être démarché.

L’identification n’est donc jamais certaine. Une même IP peut être utilisée par plusieurs salariés, par un réseau d’hôtel ou par un fournisseur d’accès ; une personne en télétravail, derrière un VPN ou un réseau mobile sera souvent difficile à rattacher. L’IP d’un grand groupe peut aussi renvoyer vers son siège alors que le lecteur travaille dans une filiale. À l’inverse, les visites provenant de petites structures, de particuliers ou de réseaux anonymisés ne seront fréquemment pas exploitables.

À quoi Leadfeeder peut servir dans une démarche commerciale B2B

L’usage le plus concret consiste à croiser les visites avec un profil de client idéal : secteur, effectif, zone géographique, technologies utilisées ou statut de compte dans le CRM. Plutôt que d’appeler indistinctement toutes les entreprises visibles, l’équipe peut prioriser celles qui ont consulté plusieurs contenus à forte intention, comme une page de démonstration, de prix, de compatibilité ou de contact.

  • Repérer qu’un compte déjà présent dans le CRM revient sur le site avant un rendez‑vous ou un renouvellement.
  • Créer une alerte lorsqu’une entreprise cible consulte une page stratégique, puis la faire examiner par le commercial responsable du compte.
  • Comparer les campagnes qui attirent des entreprises correspondant réellement au marché visé, plutôt que de regarder uniquement le volume de sessions.
  • Exclure les clients, les concurrents, les agences, les fournisseurs et le trafic interne afin de réduire les faux signaux.
  • Préparer un échange commercial à partir d’un intérêt général observé, sans affirmer connaître le comportement d’une personne précise.

Google Analytics ou Leadfeeder/Dealfront : deux usages complémentaires

Outil d’analytics web

Il mesure l’audience globale, les canaux, les événements et les conversions agrégées.

Ce qui joue en sa faveur

  • Vision complète du trafic
  • Mesure des parcours et objectifs
  • Utile pour tous les modèles de site

Ce qui joue contre

  • N’indique pas toujours quelle entreprise est derrière une visite
  • Ne priorise pas directement les comptes commerciaux

Leadfeeder / visitor intelligence

Il met l’accent sur les organisations susceptibles d’être des comptes B2B.

Ce qui joue en sa faveur

  • Aide à classer des comptes à suivre
  • Peut alimenter les processus CRM
  • Met en lumière des visites B2B anonymes

Ce qui joue contre

  • Identification incomplète ou approximative
  • Nécessite des règles RGPD et une qualification humaine

Notre lectureChoisissez une solution d’analytics pour comprendre l’ensemble de l’audience, les parcours et les conversions du site. Ajoutez une couche de visitor intelligence si votre cycle de vente B2B repose sur des comptes nommés et si une équipe peut réellement qualifier puis traiter les alertes. Pour une activité majoritairement B2C ou un faible trafic qualifié, l’effort de paramétrage est souvent moins rentable.

Mettre Leadfeeder en place sans saturer les commerciaux

Un déploiement utile commence par un périmètre restreint. Si chaque visite génère une tâche CRM, les commerciaux cesseront vite de regarder les alertes. Il faut d’abord décider quelles entreprises valent une action, quelles pages constituent un signal significatif et qui est responsable du suivi. Une période de test de quelques semaines permet de corriger les filtres avant toute automatisation à grande échelle.

Déployer l’outil en six étapes

  1. Définir les comptes et les signaux recherchés

    Établissez une liste de secteurs, tailles d’entreprise, pays et fonctions cibles. Choisissez 3 à 5 pages ou événements qui traduisent un intérêt plausible. L’étape est réussie lorsque deux personnes de l’équipe commerciale peuvent appliquer les mêmes critères à une visite.

  2. Cartographier les données et les traceurs

    Listez ce que le tag collecte, les cookies ou technologies comparables utilisés, les destinataires des données et les transferts éventuels. Comparez cette liste avec votre outil de gestion du consentement. Le paramétrage est prêt lorsque les traceurs concernés ne se déclenchent qu’au bon moment.

  3. Installer et vérifier le tag

    Faites poser le script par la personne responsable du site, idéalement via un gestionnaire de balises maîtrisé. Testez le chargement avec et sans consentement lorsque celui‑ci est requis, puis vérifiez qu’aucune donnée de test ne pollue les rapports.

  4. Exclure le trafic inutile

    Retirez vos bureaux, vos salariés, les clients déjà connus si cela ne sert pas l’objectif, les partenaires techniques et les domaines manifestement hors cible. Le résultat est satisfaisant lorsque la liste quotidienne ne contient plus majoritairement de faux positifs.

  5. Créer un score et une routine humaine

    Associez un score simple à la compatibilité du compte et aux pages vues. Par exemple, une entreprise cible qui revient plusieurs fois peut être revue chaque matin, sans créer automatiquement un appel. Désignez une personne qui accepte, reporte ou écarte chaque signal.

  6. Connecter le CRM avec parcimonie

    Commencez par envoyer une note ou une activité non visible au prospect plutôt que de créer un contact à chaque visite. Testez les doublons, les droits d’accès et la durée de conservation. La connexion est réussie si elle enrichit les dossiers existants sans dégrader la base.

RGPD, cookies et prospection : les règles à vérifier en France

Le fait qu’un outil affiche le nom d’une société ne dispense pas du RGPD. Une adresse IP peut constituer une donnée personnelle lorsqu’elle permet, directement ou indirectement, d’identifier une personne ; un identifiant en ligne, un historique de navigation ou un e-mail professionnel peuvent également relever de cette réglementation selon le contexte. Le nom d’une entreprise seul n’est pas toujours une donnée personnelle, mais le traitement réel doit être analysé dans son ensemble.

En pratique, deux sujets se superposent. Premier sujet : les traceurs. Déposer ou lire un cookie, ou une technologie comparable, sur le terminal de l’internaute requiert généralement son consentement préalable, sauf exception limitée. Les outils de mesure d’audience peuvent parfois bénéficier d’une exemption sous conditions strictes définies par la CNIL ; il ne faut pas supposer qu’un outil de visitor intelligence entre dans cette exception. Le bandeau doit permettre un refus aussi simple que l’acceptation, et le refus ne doit pas empêcher l’accès au site hors service strictement nécessaire.

Second sujet : le traitement des données. L’entreprise qui utilise l’outil doit identifier sa base légale, limiter les données aux finalités annoncées, informer les personnes concernées et prévoir des durées de conservation. L’intérêt légitime peut, dans certains cas, servir de base à la prospection B2B ou à l’analyse de signaux commerciaux, après mise en balance documentée avec les droits des personnes. Il ne s’agit pas d’un blanc-seing : une personne peut s’opposer à la prospection, et cette opposition doit être respectée.

Si des données sont obtenues indirectement, par exemple via un fournisseur d’enrichissement ou une base B2B, les obligations d’information prévues par l’article 14 du RGPD doivent être examinées. La politique de confidentialité doit expliquer de manière compréhensible les catégories de données, les finalités, les destinataires, les durées ou critères de durée, les droits et la manière de les exercer. Les mentions légales et la politique de cookies doivent correspondre au paramétrage réel, pas à un modèle générique.

Checklist de conformité avant l’activation

  • Le registre des traitements décrit la finalité, les données, les personnes concernées, les destinataires et les durées de conservation.
  • Le bandeau de consentement bloque effectivement les traceurs concernés avant le choix de l’internaute, lorsque le consentement est requis.
  • La politique de confidentialité et la politique de cookies décrivent le fonctionnement réel, les droits et le moyen de contact.
  • Le contrat avec le prestataire, l’accord de traitement des données, les sous-traitants et les transferts hors EEE ont été vérifiés.
  • Les droits d’accès à l’outil et au CRM sont limités aux personnes qui en ont besoin.
  • Une procédure permet de traiter une opposition, une demande d’accès, d’effacement ou de limitation sans laisser les données dans des listes parallèles.

Les ressources de la CNIL sur les cookies et autres traceurs constituent un bon point de départ pour le site français. Pour un paramétrage impliquant profilage, enrichissement de données, transferts internationaux ou volumes importants, un DPO, un juriste spécialisé ou un conseil en protection des données doit valider l’analyse. L’éditeur de l’outil peut fournir de la documentation technique ; il ne peut pas décider à la place de l’entreprise utilisatrice de sa conformité propre.

Pour quelles entreprises l’outil est‑il pertinent, et à quel coût ?

Leadfeeder ou les offres actuelles de Dealfront ont surtout un sens lorsque trois conditions sont réunies : une part significative du trafic provient d’organisations, la valeur d’un contrat justifie un travail commercial et quelqu’un peut traiter les signaux rapidement. Une PME B2B qui vend des prestations de plusieurs milliers d’euros et reçoit des visites de comptes ciblés peut y trouver un appui. Un e-commerce grand public, un média ou une entreprise sans processus commercial structuré en tirera généralement moins d’informations actionnables.

Les tarifs des plateformes B2B de ce type varient selon le nombre d’utilisateurs, le volume de données, les intégrations et les modules d’enrichissement ; les offres changent régulièrement et peuvent être proposées sur devis. Ne retenez pas seulement l’abonnement : ajoutez le temps de paramétrage du consentement, de nettoyage CRM, de formation et de qualification par l’équipe. Demandez au fournisseur le détail des fonctionnalités incluses, des limites, des données traitées, des sous-traitants et des conditions de résiliation avant de signer.

Le bon test consiste à lancer un pilote sur un segment précis, avec un indicateur sobre : nombre de comptes réellement qualifiés, rendez‑vous obtenus après vérification humaine, ou réactivation de comptes existants. À la fin du pilote, supprimez les données de test inutiles, ajustez les filtres et vérifiez que les documents de conformité correspondent toujours à l’usage. C’est ce contrôle, bien plus que le nombre d’entreprises affichées, qui dira si l’outil mérite d’être conservé.

Questions fréquentes

Leadfeeder permet‑il de connaître le nom des personnes qui visitent un site ?

Non, pas de manière automatique et fiable. Leadfeeder vise d’abord à rapprocher une visite d’une entreprise à partir de signaux techniques et de bases B2B. Il peut ensuite être croisé avec les données déjà détenues dans un CRM, mais cela ne signifie pas que le visiteur précis est identifié. Une IP partagée, un VPN ou le télétravail rendent d’ailleurs l’attribution incertaine.

Leadfeeder est‑il devenu Dealfront ?

Oui, Leadfeeder est intégré à l’offre Dealfront, née du rapprochement de Leadfeeder et d’Echobot. Selon la page, le pays et le module recherché, le vocabulaire commercial peut encore mentionner Leadfeeder ou les fonctionnalités historiques associées. Avant un abonnement, vérifiez le nom exact du produit, les connecteurs inclus et les conditions tarifaires proposées à votre entreprise.

Peut‑on utiliser Leadfeeder sans consentement aux cookies ?

Cela dépend du fonctionnement technique précis et des traceurs déposés. En France, le dépôt ou la lecture de traceurs non exemptés sur le terminal exige en principe un consentement préalable. Une éventuelle exemption pour la mesure d’audience est encadrée et ne doit pas être supposée. Il faut tester le tag avec votre solution de gestion du consentement et faire valider le montage par votre référent RGPD.

Est‑il légal de prospecter une entreprise après l’avoir repérée sur son site ?

Cela peut l’être, mais la visite seule ne suffit pas à tout autoriser. La prospection B2B doit reposer sur une base légale adaptée, concerner des personnes dont la fonction est en rapport avec l’offre, fournir une information claire et permettre une opposition simple et gratuite. Le message ne doit pas révéler de façon intrusive les données de navigation observées. Une validation juridique est recommandée pour votre cas.

Quels CRM peut‑on connecter à un outil de visitor intelligence ?

Les plateformes de ce type proposent couramment des connecteurs avec des CRM et outils d’automatisation tels que Salesforce, HubSpot ou Pipedrive, ainsi que des intégrations via API ou outils d’automatisation. La disponibilité dépend cependant du plan choisi, du pays et des évolutions du produit. Vérifiez surtout la gestion des doublons, les champs transmis, les droits utilisateurs et le lieu de stockage des données avant l’activation.

Quel délai faut‑il pour savoir si l’outil est utile ?

Un pilote de quatre à huit semaines est souvent plus parlant qu’une démonstration, à condition d’avoir suffisamment de trafic B2B et une équipe disponible pour qualifier les alertes. Fixez dès le départ un segment de comptes, des signaux à examiner et un critère de succès réaliste. Si la majorité des signaux est hors cible ou non exploitable, améliorez les filtres avant d’élargir le déploiement.

Autres recherches sur ce sujet

  • dealfront leadfeeder prix
  • leadfeeder rgpd cookies
  • identifier les entreprises qui visitent mon site
  • outil de prospection b2b connecté au crm
  • différence entre google analytics et leadfeeder
  • prospection b2b intérêt légitime rgpd
Partager