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Entreprise et emplois

Quels sont les avantages du visa de travail de niveau 2 ?

Le « visa de niveau 2 » n’existe plus sous ce nom : il s’agit aujourd’hui du Skilled Worker visa. Il donne accès à un emploi britannique sponsorisé, permet souvent de venir en famille et peut mener à un séjour durable, sous conditions.

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Rubrique
Entreprise et emplois
Professionnel français préparant contrat et passeport pour un emploi britannique

Un poste sponsorisé et un certificat de parrainage sont nécessaires avant la demande de visa.

Sommaire · 5 sections

Les vrais avantages du visa de niveau 2, devenu Skilled Worker

Le premier avantage est simple : le Skilled Worker visa autorise à vivre et travailler légalement au Royaume-Uni pour l’employeur qui vous recrute. Pour un Français, qui ne bénéficie plus de la libre circulation depuis le Brexit, c’est la voie habituelle pour occuper un poste qualifié en Angleterre, en Écosse, au pays de Galles ou en Irlande du Nord.

Le nom « visa de niveau 2 » est ancien. Le Tier 2 (General) a été remplacé le 1er décembre 2020 par le Skilled Worker visa. Il ne faut pas confondre cette catégorie avec l’ancien Tier 2 ICT, aujourd’hui remplacé par certaines voies de mobilité intra-groupe. Une annonce d’emploi ou un recruteur qui parle encore de « Tier 2 sponsorship » désigne généralement le parrainage Skilled Worker.

  • Une autorisation de travail claire : le visa tient lieu d’autorisation d’immigration pour le poste sponsorisé. Il n’y a pas de permis de travail français ou britannique distinct à demander en plus.
  • Un séjour de longue durée : le visa peut être délivré jusqu’à 5 ans. Il est prolongeable autant de fois que nécessaire si le poste, l’employeur, le salaire et les autres critères restent conformes.
  • Une voie possible vers l’installation permanente : après 5 ans dans une catégorie de travail admissible, le titulaire peut, s’il remplit toutes les règles de résidence continue, de salaire et d’anglais, demander l’Indefinite Leave to Remain, le statut de séjour permanent britannique.
  • La possibilité de faire venir certains proches : un conjoint, partenaire et des enfants peuvent souvent demander un visa de personne à charge. Le partenaire obtient en principe le droit de travailler, y compris pour un autre employeur.
  • Un accès au marché de l’emploi qualifié britannique : le visa ne se limite pas aux « métiers en pénurie ». De nombreux métiers éligibles peuvent être sponsorisés, à condition que l’entreprise soit agréée et que la rémunération atteigne le niveau requis.
  • Des droits pratiques au quotidien : le titulaire peut étudier et voyager. Après paiement de l’Immigration Health Surcharge, il accède au NHS selon des règles proches de celles des résidents, hors frais qui restent normalement payants, comme une partie des soins dentaires ou des prescriptions en Angleterre.

Les repères à avoir en tête

Jusqu’à 5 ans

durée possible du visa initial

£41 700

seuil salarial général habituel, ou salaire de référence du métier s’il est supérieur

B1

niveau minimal d’anglais généralement demandé

5 ans

durée minimale habituelle avant une demande de séjour permanent

Quelles conditions faut‑il remplir pour bénéficier de ces avantages ?

Le visa n’est pas accessible avec une simple promesse d’embauche. Il faut d’abord un employeur britannique titulaire d’une licence de sponsor, un poste figurant parmi les professions éligibles et un certificat de parrainage, ou Certificate of Sponsorship (CoS). L’employeur attribue ce numéro électronique au candidat après avoir vérifié que le poste et le salaire respectent les règles.

Certificate of Sponsorship (CoS)
Ce n’est ni un contrat de travail ni un document papier à télécharger. C’est une référence électronique attribuée par un employeur agréé, qui décrit notamment le poste, son code professionnel, le salaire et la date de début prévue. Sans CoS valide, une demande de Skilled Worker visa ne peut pas être déposée.

En règle générale, le candidat doit aussi démontrer un niveau d’anglais d’au moins B1 du Cadre européen, par un test accepté, un diplôme britannique ou, dans certains cas, un diplôme enseigné en anglais reconnu par les autorités. Un diplôme universitaire n’est pas automatiquement exigé : c’est surtout le niveau du poste, son code professionnel et son salaire qui comptent.

Les critères qui déterminent l’éligibilité au Skilled Worker visa
Point contrôléRègle pratiqueCe qu’il faut vérifier
EmployeurLicence de sponsor activeChercher l’entreprise dans le registre officiel des sponsors
PosteMétier et code professionnel admissiblesDemander le code d’occupation exact figurant sur le CoS
SalaireSouvent au moins £41 700/an ou le salaire de référence du métierComparer le brut annuel, les heures et le taux applicable au poste
AnglaisNiveau B1 généralement requisPrévoir un test accepté si aucune preuve d’exemption n’est disponible
RessourcesEn principe £1 270 disponibles, sauf prise en charge certifiée par le sponsorConserver les fonds pendant 28 jours consécutifs avant la demande
FamillePossible selon la catégorie et le métierVérifier les restrictions applicables aux personnes à charge
Les seuils de salaire, les codes de métier et les listes de professions évoluent. Les règles publiées sur <a href="https://www.gov.uk/skilled-worker-visa">GOV.UK</a> et le CoS remis par l’employeur priment toujours sur une estimation générale.

Les anciennes « professions en pénurie » ne constituent plus un passe-droit général. Elles ont été remplacées par des listes et dispositifs dont le contenu change régulièrement. Être recruté dans un secteur qui manque de main-d’œuvre peut aider l’employeur à justifier son besoin, mais cela ne dispense ni du sponsor, ni du CoS, ni du contrôle de salaire.

Comment obtenir un Skilled Worker visa depuis la France ?

La demande se prépare dans cet ordre : d’abord l’offre et le sponsor, ensuite le CoS, enfin le dossier de visa. Déposer une demande avant d’avoir le certificat ou accepter un poste dont le code n’est pas éligible fait perdre du temps et peut coûter les frais de dossier.

Les 6 étapes d’une demande bien préparée

  1. Trouver un employeur habilité à sponsoriser

    Ciblez les entreprises figurant dans le registre britannique des sponsors agréés. Lors de l’entretien, demandez explicitement si le poste est sponsorisable. L’étape est réussie lorsque l’employeur confirme sa licence et son intention d’attribuer un CoS.

  2. Faire confirmer le code du métier et le salaire

    Demandez le code professionnel du poste, le salaire brut annuel, le nombre d’heures et toute part variable. Comparez‑les aux règles applicables. L’étape est sécurisée lorsque le contrat, l’offre et le futur CoS décrivent le même emploi et une rémunération suffisante.

  3. Obtenir le Certificate of Sponsorship

    L’employeur attribue le CoS après ses vérifications internes. Contrôlez l’orthographe du nom, le salaire, la date de prise de poste et le code métier avant de déposer le dossier. Un CoS doit être utilisé dans son délai de validité, généralement trois mois.

  4. Réunir les preuves personnelles

    Préparez passeport en cours de validité, preuve d’anglais si nécessaire, référence du CoS et justificatifs d’épargne si le sponsor ne certifie pas votre entretien. Un extrait de casier judiciaire peut être demandé pour certains emplois, notamment auprès de personnes vulnérables. Les documents non anglophones doivent être accompagnés d’une traduction conforme.

  5. Déposer la demande en ligne et prouver son identité

    La demande s’effectue sur le portail officiel britannique. Selon votre situation, l’identité est vérifiée par une application ou dans un centre de visas. Les frais de visa et la contribution santé sont normalement réglés avant la décision. L’étape est terminée quand vous avez l’accusé de réception et les instructions biométriques éventuelles.

  6. Arriver puis respecter les conditions du visa

    Commencez l’emploi pour lequel vous êtes sponsorisé et conservez contrat, bulletins de salaire, échanges avec le sponsor et preuves de déplacements. En cas de changement d’employeur, de métier ou de salaire, vérifiez avant toute modification si une mise à jour ou une nouvelle demande est requise. C’est ce suivi qui protège un futur renouvellement ou projet de résidence permanente.

Combien coûte le visa et quels sont ses inconvénients ?

L’avantage de pouvoir rester plusieurs années se paie cher, surtout pour une famille. Les frais britanniques sont facturés par personne et la contribution santé est due à l’avance pour toute la durée accordée. Le salaire indiqué par l’employeur est un montant brut : il ne faut pas confondre ce chiffre avec le revenu disponible après impôt, National Insurance, logement et transports.

Budget minimal à anticiper pour une demande standard
Dépense ou preuveOrdre de grandeurÀ savoir
Frais de visa, jusqu’à 3 ansà partir d’environ £769Le montant dépend notamment du lieu de demande et de la durée
Frais de visa, plus de 3 ansà partir d’environ £1 519À payer par chaque demandeur concerné
Immigration Health Surcharge£1 035 par an et par personnePayée d’avance ; exonération possible avec un Health and Care visa
Épargne à justifier£1 270Ce n’est pas une taxe : la somme doit généralement être détenue 28 jours
Test d’anglais et traductionsvariableÀ budgéter séparément selon le centre et les documents
Ces montants sont des repères et peuvent être revalorisés par le Home Office. Vérifiez le barème actualisé sur <a href="https://www.gov.uk/skilled-worker-visa/how-much-it-costs">la page officielle des frais Skilled Worker</a> avant de déposer le dossier.

Le deuxième inconvénient est la dépendance vis-à-vis du sponsor. Si l’emploi s’arrête, l’administration peut réduire la durée de séjour restante. Il faut alors, selon le cas, trouver rapidement un nouveau sponsor et déposer une nouvelle demande, passer vers une autre catégorie de visa ou quitter le Royaume-Uni. Un visa Skilled Worker n’est donc pas un permis de travail ouvert.

Enfin, l’accès au séjour permanent n’est pas une promesse faite dès l’obtention du visa. Les absences prolongées du Royaume-Uni, une baisse de salaire, un changement de catégorie de visa ou des ruptures dans le séjour peuvent compromettre le calcul des cinq années. Pour un projet d’installation familiale durable, mieux vaut suivre les absences dès le premier jour.

Famille, renouvellement et installation durable : ce que le visa permet réellement

Lorsque les règles de la catégorie le permettent, le partenaire marié, pacsé ou non marié peut demander un visa de personne à charge, de même que les enfants mineurs. Un enfant de plus de 18 ans doit en général déjà être au Royaume-Uni comme personne à charge pour prolonger son séjour dans ce cadre. Chaque membre de la famille dépose sa propre demande et acquitte ses propres frais.

Le partenaire dépendant peut habituellement travailler ou étudier, ce qui est un avantage concret par rapport à des visas familiaux plus restrictifs. Mais il existe des exclusions importantes, en particulier pour certaines fonctions du secteur des soins et pour des postes soumis à des listes temporaires ou à des règles sectorielles. Il faut donc contrôler les règles correspondant au code métier du titulaire principal à la date exacte de la demande.

À vérifier avant d’accepter une offre au Royaume-Uni

  • L’employeur apparaît bien dans le registre des sponsors et sa licence est active.
  • Le recruteur confirme par écrit que le poste sera sponsorisé en Skilled Worker.
  • Le code professionnel, le salaire brut annuel et les heures de travail sont connus.
  • Le salaire respecte le seuil propre au métier, pas seulement un minimum annoncé dans l’offre.
  • Le budget couvre les frais de visa, la contribution santé, le logement et l’installation familiale éventuelle.
  • La possibilité de faire venir un partenaire ou des enfants a été vérifiée pour ce métier précis.
  • Un plan existe si l’employeur retire l’offre, réduit le poste ou si un changement d’entreprise devient nécessaire.

Le bon dernier réflexe consiste à demander au recruteur une copie ou un récapitulatif des données qui figureront sur le CoS avant de payer. C’est ce document, bien plus que l’intitulé commercial du poste, qui détermine si les avantages du Skilled Worker visa s’appliqueront réellement à votre situation.

Questions fréquentes

Le visa Tier 2 existe‑t‑il encore au Royaume-Uni ?

Non. Le Tier 2 (General) a été remplacé par le Skilled Worker visa le 1er décembre 2020. Dans les offres d’emploi, l’expression « Tier 2 sponsorship » reste fréquente par habitude, mais la demande actuelle se fait sous les règles du Skilled Worker visa. Les anciennes autres sous-catégories Tier 2 ont également été réorganisées dans de nouvelles voies d’immigration.

Un Français a‑t‑il besoin d’un Skilled Worker visa pour travailler au Royaume-Uni ?

Oui, dans la plupart des cas. Depuis la fin de la libre circulation, un citoyen français qui n’a ni settled status, ni pre-settled status, ni nationalité irlandaise, ni autre droit de séjour britannique doit disposer d’un visa adapté pour travailler durablement au Royaume-Uni. Une visite touristique ou professionnelle courte ne donne pas le droit d’occuper un emploi local.

Puis‑je changer d’employeur avec un Skilled Worker visa ?

Oui, mais pas librement. Si vous changez d’employeur ou prenez un emploi dont le code professionnel diffère, il faut généralement que le nouvel employeur soit sponsor agréé, vous attribue un nouveau CoS et que vous déposiez une demande de mise à jour du visa avant de commencer le nouveau poste. Ne considérez jamais le visa comme transférable automatiquement.

Le conjoint peut‑il travailler au Royaume-Uni avec un visa de personne à charge ?

Oui, en principe. Le partenaire admis comme personne à charge d’un titulaire de Skilled Worker visa peut normalement travailler et étudier sans être lié au même employeur. Cette possibilité dépend toutefois de l’éligibilité du titulaire principal à venir avec des personnes à charge, car certaines professions, notamment dans les soins, font l’objet de restrictions spécifiques.

Au bout de combien de temps peut‑on obtenir le séjour permanent britannique ?

En général, une demande d’Indefinite Leave to Remain peut être envisagée après 5 ans de séjour continu dans des catégories de visas admissibles, dont le Skilled Worker. Il faut aussi respecter les limites d’absence, conserver un emploi et un salaire conformes, réussir le test « Life in the UK » et satisfaire aux exigences d’anglais et d’immigration applicables à cette date.

Un emploi en pénurie garantit‑il l’obtention du visa ?

Non. Un métier présent sur une liste de besoins sectoriels peut parfois bénéficier de règles salariales ou administratives particulières, mais il ne garantit pas la délivrance du visa. Il faut toujours un employeur sponsor agréé, un Certificate of Sponsorship valide, un poste éligible, le salaire requis et des preuves personnelles complètes.

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