Aller au contenu
Finance et investissement

Comment acheter des actions en bourse ?

Pour acheter des actions, ouvrez un PEA ou un compte-titres auprès d’un intermédiaire autorisé, versez les fonds puis passez un ordre d’achat. N’investissez que de l’argent dont vous n’aurez pas besoin à court terme : le capital n’est jamais garanti.

Publié le
Temps de lecture
12 min · 2 533 mots
Rubrique
Finance et investissement
Investisseur organisant ses documents avant un premier achat d’actions

Avant de passer un ordre, le choix du compte, des frais et du risque compte autant que le titre visé.

Sommaire · 6 sections

Acheter des actions : les 7 étapes, dans le bon ordre

Concrètement, acheter une action consiste à devenir propriétaire d’une petite part d’une société cotée. Il faut choisir une enveloppe fiscale, vérifier l’intermédiaire, alimenter le compte, sélectionner un titre puis envoyer un ordre de Bourse. La procédure est simple sur le plan technique ; la décision d’investir l’est moins, car la valeur des actions fluctue et une perte en capital est possible.

Action
Une action est un titre de propriété représentant une fraction du capital d’une entreprise. Son détenteur peut recevoir un dividende si la société en décide un, voter en assemblée générale selon les modalités prévues et revendre son titre. Aucun de ces éléments ne garantit un gain ni même la récupération de la mise initiale.

La marche à suivre avant et pendant le premier achat

  1. Définir une somme et un horizon réalistes

    Réservez uniquement une somme qui ne servira ni aux dépenses courantes ni à une épargne de précaution. Pour des actions, un horizon de plusieurs années est généralement plus cohérent qu’un projet à six mois. L’étape est réussie si le budget investi peut rester placé malgré une baisse temporaire.

  2. Choisir entre PEA et compte-titres

    Choisissez le PEA pour des titres éligibles et une détention longue, ou le compte-titres ordinaire pour un univers plus vaste. Il est possible d’avoir les deux. L’étape est validée lorsque vous savez quels marchés et quels types de titres vous voulez pouvoir acheter.

  3. Sélectionner un intermédiaire autorisé

    Comparez une banque et un courtier sur l’agrément, les tarifs, les places boursières disponibles, la qualité du service client et les modalités de transfert. Vérifiez que l’établissement figure dans les registres officiels et consultez les listes noires de l’AMF.

  4. Ouvrir le compte et l’alimenter

    Préparez une pièce d’identité, un justificatif de domicile, un RIB et vos informations de résidence fiscale. Répondez avec exactitude au questionnaire de connaissance financière. Le compte est prêt lorsque le versement apparaît comme disponible à l’investissement, pas seulement comme initié.

  5. Choisir le titre et la somme à exposer

    Lisez au minimum l’activité de l’entreprise, ses résultats, son endettement, son cours et les risques propres à son secteur. Déterminez le montant maximal acceptable sur cette seule ligne. Une action chère peut imposer d’acheter une unité entière selon l’intermédiaire.

  6. Paramétrer l’ordre d’achat

    Indiquez le code du titre, la place de cotation si nécessaire, le nombre de titres, le type d’ordre et sa durée de validité. Relisez le montant estimé, frais compris. L’ordre est correctement préparé lorsque son prix maximal éventuel et sa date d’expiration sont compris.

  7. Conserver les justificatifs et suivre sans réagir à chaque variation

    Téléchargez l’avis d’opéré après exécution et consultez périodiquement le portefeuille. Vérifiez surtout si votre raison initiale d’acheter reste valable, plutôt que de vendre dans l’urgence à la première séance baissière.

PEA ou compte-titres : quel compte ouvrir pour acheter des actions ?

Le choix du compte détermine les titres accessibles et la fiscalité. Un PEA convient à des actions et fonds éligibles, principalement liés à l’Union européenne ou à l’Espace économique européen sous conditions. Un compte-titres ordinaire, ou CTO, donne accès à davantage de marchés : actions américaines, canadiennes, britanniques, suisses, asiatiques et produits non éligibles au PEA selon l’offre du courtier.

Les différences pratiques entre le PEA et le compte-titres ordinaire
CritèrePEACompte-titres ordinaire
Titres accessiblesActions et fonds éligiblesActions, ETF et obligations selon le courtier
VersementsPlafond de 150 000 € hors gainsPas de plafond légal
OuvertureUn PEA par adulte fiscalement domicilié en FrancePlusieurs CTO possibles
Fiscalité des gainsAprès 5 ans : exonération d’impôt sur le revenu, prélèvements sociaux dusPFU de 30 % par défaut sur gains et dividendes
RetraitAvant 5 ans, entraîne en principe la clôture sauf cas prévus ; après 5 ans, le PEA reste ouvertRetraits libres, sans effet sur le compte
Actions américaines en directNon, en règle généraleOui, si proposées
La fiscalité indiquée est le régime français de droit commun en vigueur à la rédaction. Le PFU comprend habituellement 12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux ; l’option globale pour le barème progressif peut changer le résultat. En cas de situation particulière, demandez conseil à un professionnel compétent.

Trois repères à connaître avant l’ouverture

5 ans

durée fiscale clé du PEA

150 000 €

plafond des versements sur un PEA classique

30 %

PFU français par défaut sur le CTO

0,5 %

plafond des frais d’ordre PEA en ligne

Choisir une banque ou un courtier : autorisation, sécurité et frais à contrôler

Ne choisissez pas un intermédiaire uniquement parce qu’il annonce des ordres « gratuits ». Un prix affiché à 0 € peut s’accompagner de frais de change élevés, d’un choix de places limité, d’un écart achat-vente plus large ou de services payants. Lisez la brochure tarifaire applicable à votre compte et faites le calcul sur votre fréquence d’achat réelle.

La vérification à faire avant de transmettre une pièce d’identité ou de l’argent

  • Contrôler l’identité juridique de l’établissement et son autorisation à fournir des services d’investissement, notamment via les ressources de l’AMF et les registres officiels.
  • Vérifier que le site et l’application utilisent exactement le nom et l’URL de l’entité autorisée ; les sites clonés imitent souvent des acteurs connus.
  • Comparer le courtage sur les ordres de la taille envisagée, par exemple 100 €, 500 € ou 1 000 €, et non seulement la commission d’appel.
  • Relever les frais de conversion de devises, de garde, d’inactivité, de transfert du PEA ou du CTO, ainsi que les frais liés à certains marchés.
  • Vérifier les titres et places disponibles, les ordres proposés, le traitement des dividendes et la présence d’un service client joignable.
  • Refuser toute sollicitation promettant un rendement fixe, un « signal » infaillible ou un accès urgent à une opération réservée.

Sur un PEA, les frais de transaction passés en ligne sont légalement plafonnés à 0,5 % du montant de l’ordre. Ce plafond ne rend pas les opérations sans coût : les frais de change, les frais propres à certains services et le prix réel d’exécution restent à examiner. Sur un CTO, les tarifs sont contractuels. Pour une action étrangère, ajoutez aussi l’incidence de la devise et, parfois, une retenue à la source sur les dividendes.

Quelles actions choisir et combien investir sur une seule entreprise ?

Il n’existe pas d’action « sûre ». Une entreprise connue peut voir son cours baisser, même si elle verse des dividendes depuis longtemps. Avant un achat en direct, identifiez ce que la société vend, comment elle gagne de l’argent, ses concurrents, sa dette, ses perspectives et les risques spécifiques : dépendance à une matière première, réglementation, devise, technologie ou client majeur.

L’achat d’une seule action concentre le risque sur une entreprise. Répartir son épargne entre plusieurs sociétés, secteurs et zones géographiques limite le choc lié à une mauvaise nouvelle isolée, sans éliminer le risque de marché. Pour un débutant qui ne souhaite pas analyser de nombreuses entreprises, un ETF largement diversifié est une alternative fréquemment utilisée ; il reste toutefois exposé aux baisses des marchés et comporte ses propres frais et règles.

Acheter une action en direct ou passer par un ETF ?

Action en direct

Vous choisissez et détenez les titres d’entreprises précises.

Ce qui joue en sa faveur

  • Choix ciblé d’une entreprise ou d’un secteur
  • Droits liés à l’action et dividendes éventuels
  • Pas de frais de gestion annuels propres à un fonds

Ce qui joue contre

  • Risque très concentré avec peu de lignes
  • Analyse et suivi nécessaires
  • Une société peut durablement sous-performer ou faire faillite

ETF diversifié

Un seul ordre peut donner accès à de nombreuses entreprises selon un indice.

Ce qui joue en sa faveur

  • Diversification généralement plus large
  • Mise en œuvre simple pour une exposition de marché
  • Souvent accessible avec des montants limités

Ce qui joue contre

  • Baisse possible de l’ensemble du marché
  • Frais courants et méthode de réplication à vérifier
  • Ne permet pas de sélectionner chaque entreprise

Notre lectureL’action en direct convient à une personne prête à étudier des entreprises et à accepter une forte exposition à chacune d’elles. Un ETF diversifié est souvent plus adapté pour rechercher une exposition plus répartie avec une petite somme, à condition de comprendre son indice, ses frais et son niveau de risque. Aucun des deux choix ne garantit un rendement.

Passer un ordre de Bourse sans subir un prix inattendu

Une fois le titre repéré, recherchez‑le avec son nom ou, mieux, son code ISIN. Vérifiez la devise, la place de cotation et le dernier cours : une même société peut être cotée sur plusieurs marchés. Si l’action vaut 25 € et que vous en achetez 10, l’exposition avant frais est de 250 €. Assurez‑vous que le solde disponible couvre aussi les commissions et le change éventuel.

Les principaux types d’ordres pour un achat d’actions
OrdreFonctionnementPoint de vigilance
À cours limitéVous fixez le prix maximal acceptableNon exécuté si le cours ne touche pas la limite
Au marchéExécuté au meilleur prix disponiblePrix final non garanti, surtout si le titre est peu liquide
À la meilleure limiteEnvoie une limite égale au meilleur prix affichéExécution partielle ou absence d’exécution possible
À seuil de déclenchementDevient actif lorsque le seuil choisi est atteintUtile sous conditions, mais le prix d’exécution peut différer du seuil
À plage de déclenchementAjoute une limite après le déclenchementPeut ne pas être exécuté si le cours franchit la plage trop vite
Les libellés exacts et les conditions de validité varient selon l’intermédiaire. Lisez l’aperçu de l’ordre avant confirmation, notamment sur les titres peu échangés.

Pour un premier achat sur une action liquide, l’ordre à cours limité est souvent plus prévisible : vous fixez un plafond, par exemple 25,20 € par action. Il peut être exécuté immédiatement, partiellement, plus tard ou jamais. Un ordre au marché privilégie l’exécution, pas le prix. Évitez de placer un ordre juste avant de comprendre ses conditions, notamment à l’ouverture, à la clôture ou durant une annonce de résultats.

Après l’achat : suivre ses titres, déclarer les revenus et savoir quand demander de l’aide

Une fois l’ordre exécuté, ne confondez pas la valeur affichée du portefeuille avec un montant acquis. Elle évolue à chaque cotation. Décidez à l’avance de la fréquence de suivi — mensuelle ou trimestrielle peut suffire pour un placement de long terme — et réexaminez les raisons de conserver le titre : résultats, dette, stratégie, changement de risque ou besoin personnel de liquidités.

Dans un CTO, les dividendes et plus-values relèvent en principe du prélèvement forfaitaire unique, mais votre établissement vous transmet généralement un imprimé fiscal unique pour la déclaration. Les revenus étrangers peuvent avoir subi une retenue à la source. Dans un PEA, la fiscalité dépend notamment de l’âge du plan et des retraits. Ne supposez pas qu’un prélèvement effectué par le courtier règle automatiquement tous les aspects d’une situation internationale ou d’une résidence fiscale particulière.

Sollicitez un conseiller en investissements financiers, un professionnel du patrimoine ou un expert-comptable lorsque le montant engagé est important au regard de votre patrimoine, si vous avez une situation fiscale internationale, une succession, des stock-options ou un besoin de revenus proche. Pour vérifier un acteur ou signaler une arnaque, l’espace épargnants de l’AMF constitue un point de départ utile. N’envoyez jamais de fonds supplémentaires pour « débloquer » un prétendu gain.

Questions fréquentes

Quel montant minimum faut‑il pour acheter des actions ?

Il n’existe pas de minimum légal universel. Il faut au moins couvrir le prix d’une action entière et les frais, sauf si votre intermédiaire propose des fractions d’actions, souvent sur CTO. Avec 100 €, une commission de quelques euros pèse déjà lourd. Le bon montant est surtout celui que vous pouvez perdre sans compromettre votre budget ni votre épargne de précaution.

Peut‑on acheter des actions sans passer par une banque ou un courtier ?

Non, un particulier passe normalement par un intermédiaire financier pour accéder à la Bourse et conserver les titres. Il peut s’agir d’une banque traditionnelle, d’une banque en ligne ou d’un courtier spécialisé, mais l’acteur doit être autorisé à fournir le service concerné. Les offres reçues sur messagerie privée, sans cadre réglementé clair, doivent être écartées.

Peut‑on mettre des actions américaines dans un PEA ?

En direct, non en règle générale : les actions américaines ne remplissent pas les critères d’éligibilité du PEA. Un CTO permet de les acheter si le courtier donne accès au marché concerné. Certains ETF éligibles au PEA offrent néanmoins une exposition économique à des marchés internationaux ; il faut vérifier l’éligibilité exacte du fonds, pas se fier à son seul nom.

Quel ordre est le plus sûr pour acheter une action ?

L’ordre à cours limité protège contre le fait de payer au-delà du prix maximal que vous avez fixé ; il ne garantit pas d’être exécuté. L’ordre au marché est en général exécuté plus vite, mais son prix final peut être différent du dernier cours affiché, surtout sur un titre peu liquide. Aucun ordre ne protège contre une baisse future de l’action.

Faut‑il payer des impôts si l’on ne vend pas ses actions ?

En CTO, les dividendes encaissés sont imposables même sans vente des actions ; les plus-values sont en principe imposées lors de la cession. Dans un PEA, les revenus restent dans le plan et la fiscalité dépend principalement de la date des retraits. Les règles varient avec votre résidence fiscale et les revenus étrangers : vérifiez votre déclaration annuelle.

Que se passe‑t‑il si le courtier fait faillite ?

La faillite d’un intermédiaire ne signifie pas automatiquement la perte des titres : les instruments financiers des clients doivent en principe être séparés des actifs propres de l’établissement et peuvent être transférés. Les mécanismes de garantie ont cependant des conditions et plafonds, et ils ne couvrent jamais une baisse de cours. Consultez les protections applicables à l’entité exacte qui garde vos titres.

Autres recherches sur ce sujet

  • comment ouvrir un PEA
  • PEA ou compte-titres ordinaire
  • comment passer un ordre à cours limité
  • quels frais pour acheter des actions
  • comment choisir un courtier en ligne
  • fiscalité des actions et dividendes
Partager