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Entreprise et emplois

Comment devenir astronaute ?

Pour devenir astronaute en étant Français, la voie normale passe par une campagne de recrutement de l’Agence spatiale européenne. Il faut un diplôme scientifique, médical ou technique de niveau master, au moins trois ans d’expérience et une excellente aptitude médicale, puis réussir une sélection très rare.

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Entreprise et emplois
Candidate astronaute s’entraînant dans un simulateur spatial avec une équipe

La sélection évalue autant les compétences collectives que les connaissances scientifiques.

Sommaire · 5 sections

Pour devenir astronaute professionnel depuis la France, préparez un profil éligible aux recrutements de l’Agence spatiale européenne (ESA) : diplôme de niveau master en sciences, ingénierie, informatique ou médecine, expérience professionnelle pertinente d’au moins trois ans, anglais de haut niveau et aptitude médicale. La candidature ne s’envoie que lorsqu’une campagne ESA est ouverte ; la dernière grande sélection a attiré plus de 22 000 personnes. C’est sélectif, mais il n’existe pas un unique « cursus astronaute » réservé aux pilotes militaires.

La voie française pour devenir astronaute : candidater auprès de l’ESA

La France est un État membre de l’ESA. Un citoyen français peut donc candidater lorsqu’une sélection d’astronautes est ouverte, à condition de remplir les critères publiés dans l’avis de recrutement. Le CNES participe aux programmes spatiaux et accompagne la communauté française du secteur, mais il ne lance pas, à lui seul, un concours national permanent d’astronautes. Le point d’entrée est la page Carrières de l’ESA.

Astronaute, spationaute, taïkonaute : quelle différence ?
Le métier est le même : une personne formée pour une mission spatiale. « Astronaute » est le terme international le plus courant ; « spationaute » est souvent employé en France pour les membres européens ou français. « Taïkonaute » désigne couramment un astronaute chinois, sans être un titre professionnel officiel universel.

Les critères ci-dessous reprennent le cadre de la dernière campagne ESA. Ils peuvent évoluer d’une campagne à l’autre : seul l’avis de poste ouvert fait foi. Ne préparez donc pas un dossier sur la base d’une vieille annonce ou d’une vidéo de réseau social.

Les prérequis à viser pour une candidature ESA
CritèreRepère de la dernière sélection ESACe qu’il faut préparer
NationalitéÉtat membre ou associé de l’ESA ; la France est éligiblePasseport français valide et justificatifs demandés
DiplômeMaster ou équivalent admissible en sciences, médecine, ingénierie, maths ou informatiqueBac+5 solide ; doctorat facultatif
ExpérienceAu moins 3 ans après le diplôme qualifiantEmploi, recherche appliquée, médecine ou opérations techniques
AnglaisNiveau C1 attendu dans le cadre précédentAnglais technique oral et écrit, réunions internationales
SantéAptitude médicale de niveau proche d’un pilote privéSuivi médical régulier, vision et audition compatibles
Taille150 à 190 cm lors de la dernière campagneVérifier la règle exacte de l’appel en cours
Les règles médicales, linguistiques et administratives doivent toujours être relues dans l’annonce ESA active : elles sont éliminatoires.

Quelles études et quel parcours choisir après le bac ?

Le chemin le plus réaliste dure au minimum huit ans après le bac : cinq années pour atteindre un niveau master, puis trois années d’expérience exigées lors de la dernière sélection. Dans les faits, comptez plutôt huit à douze ans avant d’être crédible sur une campagne, auxquels s’ajoutent la durée de sélection et la formation si vous êtes retenu. Ne choisissez pas une filière uniquement parce qu’elle porte le mot « espace » : l’ESA recrute des profils complémentaires.

Construire un profil crédible, étape par étape

  1. Conserver un socle scientifique au lycée

    Privilégiez les mathématiques et associez‑les à la physique-chimie, aux sciences de la vie et de la Terre ou au numérique selon votre projet. Le résultat attendu n’est pas un dossier parfait dans toutes les matières, mais des bases suffisantes pour suivre une formation scientifique ou médicale sélective après le bac.

  2. Obtenir un diplôme de niveau master pertinent

    Choisissez une école d’ingénieurs habilitée, une licence puis un master universitaire, un cursus informatique, mathématique, scientifique ou des études de médecine. L’aéronautique et le spatial sont utiles, mais la robotique, les matériaux, la biologie, la géologie, les télécommunications ou la médecine d’urgence peuvent aussi former des compétences recherchées.

  3. Devenir excellent dans une spécialité utilisable

    Cherchez des stages puis un premier poste où vous produisez des résultats vérifiables : logiciel embarqué, expérimentation, chirurgie, maintenance critique, opérations de mission, recherche de terrain, gestion d’incident. À la fin de cette phase, vous devez pouvoir expliquer clairement votre rôle, vos décisions et ce que votre travail a apporté.

  4. Accumuler au moins trois ans d’expérience après le diplôme

    Gardez des preuves précises : contrats, missions, responsabilités, publications, brevets, projets livrés ou responsabilités cliniques. Un doctorat peut enrichir un profil scientifique, mais il ne remplace pas automatiquement l’exigence d’expérience : vérifiez la façon dont l’appel ESA en cours comptabilise une activité doctorale.

  5. Travailler l’anglais opérationnel

    Visez au moins le niveau C1 du Cadre européen : comprendre un briefing rapide, argumenter en réunion, rédiger un compte rendu technique et signaler un problème sans ambiguïté. Des séjours d’études ou de travail à l’étranger, des conférences et des projets internationaux apportent des preuves plus parlantes qu’une simple application de vocabulaire.

  6. Entretenir santé, sang-froid et coopération

    Pratiquez régulièrement une activité d’endurance et de renforcement adaptée, dormez correctement et faites suivre vos problèmes médicaux. Cultivez aussi les compétences moins visibles : recevoir une consigne, gérer un désaccord, demander de l’aide et rester méthodique sous fatigue. Un profil est prêt quand ses compétences techniques et relationnelles résistent à un entretien exigeant.

Des filières françaises adaptées, sans passage obligé

Après le bac, plusieurs routes sont cohérentes : école d’ingénieurs en mécanique, électronique, informatique, aéronautique ou systèmes embarqués ; université en physique, mathématiques, sciences du vivant, géosciences ou informatique ; études de médecine suivies d’une pratique clinique ; parcours de recherche jusqu’au doctorat. Une formation très spécialisée dans le spatial peut aider à entrer chez un industriel ou dans un laboratoire, mais l’ESA a aussi besoin de personnes capables de faire fonctionner des équipements, d’analyser des données et de conduire des expériences dans des domaines variés.

Quels tests faut‑il réussir lors de la sélection d’astronautes ?

Passer le filtre des diplômes ne suffit pas. La sélection cherche une personne qui restera fiable dans un environnement isolé, international et très contraint. Le déroulé exact dépend de la campagne, mais il combine généralement présélection sur dossier, tests cognitifs et techniques, évaluations psychologiques, exercices collectifs, entretiens approfondis et examens médicaux. Une candidature peut être écartée à n’importe quelle étape.

  • Tests de raisonnement, mémoire de travail, attention soutenue et capacité à traiter plusieurs informations à la fois.
  • Exercices techniques et mises en situation : consignes évolutives, priorisation, résolution d’incident et communication structurée.
  • Évaluations de personnalité et travail en groupe : coopération, leadership adapté, gestion des conflits et écoute.
  • Entretiens en anglais portant sur le parcours, les motivations et des expériences professionnelles concrètes.
  • Bilan médical approfondi : vision, audition, appareil cardiovasculaire, équilibre, paramètres biologiques et compatibilité avec les contraintes du vol.

L’ordre de grandeur de la sélection ESA

22 523

candidatures reçues lors de la campagne ESA de 2021

17

personnes sélectionnées par l’ESA en 2022, tous statuts confondus

3 ans

d’expérience professionnelle minimale demandée après le diplôme lors de la dernière campagne

~17 mois

entre la clôture des candidatures 2021 et l’annonce des sélectionnés en 2022

Astronaute de carrière ou astronaute de réserve à l’ESA

Astronaute de carrière

Recruté par l’ESA pour suivre le parcours de formation et être affecté à des missions selon les besoins.

Ce qui joue en sa faveur

  • Formation et activité centrées sur le programme spatial
  • Disponibilité maximale pour les entraînements et affectations
  • Intégration durable aux équipes astronautes de l’ESA

Ce qui joue contre

  • Très petit nombre de postes
  • Mobilité et contraintes professionnelles fortes
  • Aucune date de vol garantie à l’entrée

Astronaute de réserve

Profil sélectionné que l’ESA peut appeler pour une mission ou un besoin défini, tout en conservant habituellement une activité principale.

Ce qui joue en sa faveur

  • Possibilité de poursuivre une expertise civile ou scientifique
  • Viviers de compétences plus diversifiés
  • Voie possible vers certaines missions ciblées

Ce qui joue contre

  • Pas d’emploi permanent automatique à l’ESA
  • Disponibilité à organiser avec son employeur
  • Probabilité et calendrier d’une mission incertains

Notre lectureLe statut de carrière convient à la personne disponible pour être recrutée et formée à temps plein par l’ESA. La réserve est adaptée à un expert qui poursuit son métier tout en restant mobilisable pour une mission ; dans les deux cas, être sélectionné ne signifie pas partir automatiquement dans l’espace.

Comment candidater quand une campagne ESA ouvre ?

Il n’existe pas de candidature spontanée valable toute l’année. Surveillez les pages officielles de l’ESA et, en France, les informations du CNES sans payer d’intermédiaire. La grande campagne ESA s’est déroulée du 31 mars au 18 juin 2021 ; ne déduisez pas de ces dates un calendrier régulier. Une nouvelle ouverture peut avoir d’autres critères, d’autres documents et un délai court.

Le dossier à avoir prêt avant l’ouverture d’un appel

  • Un CV en anglais détaillant les dates, diplômes, responsabilités et compétences techniques.
  • Les diplômes et relevés ou attestations utiles, avec leurs traductions si l’appel les demande.
  • Un passeport ou justificatif de nationalité correspondant au critère publié.
  • Des exemples factuels de situations de travail : incident résolu, projet collectif, décision difficile, erreur corrigée.
  • Une preuve récente et crédible de niveau d’anglais si l’annonce en réclame une.
  • Les coordonnées de référents professionnels capables de confirmer vos responsabilités.

Préparer les entretiens sans jouer un rôle

Les jurys ne cherchent pas une personne qui prétend n’avoir jamais peur ou ne jamais commettre d’erreur. Préparez plutôt des récits courts et précis : contexte, mission, action, résultat, puis ce que vous auriez amélioré. Entraînez‑vous en anglais à expliquer un protocole scientifique, une panne ou un désaccord d’équipe à un interlocuteur non spécialiste. Pour les tests cognitifs, une pratique régulière aide à retrouver de la vitesse, mais elle ne remplace pas des années de rigueur professionnelle.

Et si l’objectif est de travailler dans l’espace sans être sélectionné ?

C’est la voie la plus accessible et elle contribue directement aux missions. Les astronautes travaillent avec des ingénieurs systèmes, développeurs de logiciels embarqués, contrôleurs de mission, médecins spatiaux, chercheurs, techniciens d’intégration, spécialistes des données, ergonomes et communicants scientifiques. En France et en Europe, les laboratoires, universités, sous-traitants industriels, start-up du NewSpace, le CNES et les centres de recherche offrent des métiers concrets liés aux satellites, aux lanceurs, à l’observation de la Terre et à l’exploration.

Les vols paraboliques, stages d’astronomie, simulations de mission martienne et formations privées peuvent nourrir une vocation, mais ils ne constituent pas un raccourci vers le corps des astronautes. De même, un vol spatial touristique n’est pas une qualification professionnelle. Pour une personne française, tenter le recrutement de la NASA sans nationalité américaine n’est pas une alternative réaliste : la NASA exige la citoyenneté américaine pour son corps d’astronautes. Le réflexe utile aujourd’hui est donc de choisir votre prochaine formation ou mission professionnelle en vous demandant : « quelle compétence rare pourrai‑je prouver dans trois ans ? »

Questions fréquentes

Faut‑il être pilote de chasse pour devenir astronaute ?

Non. Les agences recrutent aussi des ingénieurs, scientifiques, médecins, informaticiens et spécialistes des opérations. Une expérience de pilote peut être un atout pour certains rôles, mais elle n’est pas un prérequis général de l’ESA. Un excellent niveau technique, la capacité à travailler en équipe et l’aptitude médicale pèsent davantage qu’un brevet de pilotage isolé.

Peut‑on devenir astronaute avec un doctorat ?

Oui, mais le doctorat n’est pas obligatoire. Un master ou diplôme équivalent dans un domaine admissible constituait le niveau minimal lors de la dernière sélection ESA. Un doctorat peut renforcer une expertise en recherche, à condition d’être accompagné de compétences pratiques, de résultats concrets et d’une expérience comptabilisée selon les règles de l’appel.

Y a‑t‑il un âge maximum pour candidater à l’ESA ?

Pas nécessairement sous la forme d’un plafond universel annoncé à l’avance. L’ESA fixe les conditions dans chaque avis de recrutement ; il faut les relire au moment de l’ouverture. Le vrai frein est souvent le temps nécessaire pour obtenir le diplôme, l’expérience exigée et une aptitude médicale compatible. Ne vous éliminez donc pas seul sur votre âge avant d’avoir lu l’annonce.

Un Français peut‑il postuler pour devenir astronaute à la NASA ?

Non, pas pour le corps d’astronautes de la NASA si vous n’avez que la nationalité française : la citoyenneté américaine y est exigée. Un Français peut toutefois travailler avec la NASA via une université, une entreprise, un laboratoire ou un programme international. Pour devenir astronaute, la voie institutionnelle française est l’ESA.

Être sélectionné par l’ESA garantit‑il un voyage dans l’espace ?

Non. La sélection ouvre une phase de formation ou, pour la réserve, une possibilité d’être appelé selon les besoins, mais l’affectation à un vol dépend des missions disponibles, des qualifications obtenues et des accords entre partenaires. Même les astronautes de carrière peuvent attendre avant une première mission. Construisez donc un parcours professionnel valable indépendamment d’un vol.

La vue corrigée par lunettes ou lentilles empêche‑t‑elle de devenir astronaute ?

Non, pas automatiquement. Lors de la dernière campagne, l’ESA évaluait notamment l’acuité visuelle corrigée, la vision des couleurs et l’état général de l’œil dans le cadre d’un bilan médical exigeant. Les règles exactes et les limites applicables sont publiées avec l’appel. Seul l’examen médical officiel permet de conclure à l’aptitude.

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