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Actualités et politique

Quelle est la ville la plus polluée du monde ?

Selon le rapport mondial IQAir 2024, publié en mars 2025, Byrnihat (Inde) est la ville la plus polluée pour les PM2,5 annuelles : 128,2 µg/m³. Ce résultat ne désigne ni tous les polluants ni la pollution en temps réel.

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Circulation et brume hivernale dans une ville industrielle indienne

Les concentrations de particules dépendent à la fois des émissions locales et des conditions météorologiques.

Sommaire · 7 sections

La réponse : Byrnihat est en tête du classement 2024 des PM2,5

La ville la plus polluée du monde, selon le World Air Quality Report 2024 d’IQAir, est Byrnihat, en Inde. Sa concentration moyenne annuelle de particules fines PM2,5 atteint 128,2 µg/m³. Le rapport a été publié en mars 2025 et porte sur les mesures recueillies pendant toute l’année civile 2024.

Cette réponse doit être lue avec sa méthode. Il s’agit d’un classement de moyennes annuelles de PM2,5, et non d’un relevé en direct de tous les polluants. Il ne signifie donc pas que Byrnihat a eu chaque jour l’air le plus dégradé de la planète, ni qu’elle serait première selon l’ozone, le dioxyde d’azote ou un indice local de qualité de l’air.

Les chiffres qui permettent de situer le classement

128,2 µg/m³

moyenne annuelle de PM2,5 à Byrnihat en 2024

108,3 µg/m³

moyenne annuelle de PM2,5 à Delhi en 2024

5 µg/m³

recommandation annuelle de l’OMS pour les PM2,5

25,6 fois

le niveau de Byrnihat rapporté à ce repère OMS

Repères issus du World Air Quality Report 2024 d’IQAir
Lieu ou repèrePM2,5 annuelleLecture utile
Byrnihat, Inde128,2 µg/m³1re ville du classement 2024
Delhi, Inde108,3 µg/m³Capitale la plus polluée recensée
Recommandation OMS5 µg/m³Valeur-guide annuelle de santé publique
Byrnihat / repère OMS25,6 foisComparaison arithmétique, pas un seuil de risque individuel
Les chiffres sont des moyennes annuelles de PM2,5. La recommandation de l’OMS est une valeur-guide sanitaire : elle n’est ni un classement ni un seuil légal identique dans tous les pays.

Ce que mesure réellement ce classement mondial

Les PM2,5 sont des particules de diamètre aérodynamique inférieur ou égal à 2,5 micromètres. Elles proviennent notamment de la combustion, véhicules, charbon, fioul, bois, brûlage de déchets, de certains procédés industriels, de chantiers et de réactions chimiques dans l’atmosphère. Leur très petite taille explique qu’elles restent longtemps en suspension et puissent pénétrer profondément dans l’appareil respiratoire.

Moyenne annuelle de PM2,5
C’est la concentration moyenne de particules PM2,5 mesurée dans l’air sur une année, exprimée en microgrammes par mètre cube d’air, ou µg/m³. Elle décrit une exposition chronique à l’échelle d’un lieu ; elle ne renseigne pas, à elle seule, sur un pic horaire ou sur l’exposition personnelle d’un habitant.

IQAir agrège des données de stations publiques, d’organismes locaux et d’autres réseaux de mesure disponibles dans le monde. C’est utile pour comparer de nombreux territoires, mais la couverture demeure inégale : certains pays disposent de réseaux denses et contrôlés, d’autres de peu de stations, voire d’aucune donnée exploitable. La méthodologie, les critères de disponibilité des données et la liste des villes couvertes sont à consulter dans le rapport lui‑même avant d’en tirer une conclusion sur un pays entier.

L’Organisation mondiale de la santé recommande depuis ses lignes directrices de 2021 une moyenne annuelle de 5 µg/m³ pour les PM2,5. C’est un objectif de santé publique très exigeant, fondé sur les connaissances disponibles. Il ne faut pas l’interpréter comme un interrupteur : le risque sanitaire ne devient pas brutalement nul à 4,9 µg/m³, ni identique pour toutes les personnes à 5,1 µg/m³.

Pourquoi Byrnihat et Delhi sont‑elles si exposées ?

Byrnihat est une ville située à la limite des États indiens d’Assam et de Meghalaya, dans une zone de circulation et d’activités industrielles. Le classement annuel établit un niveau de pollution, pas une répartition précise de ses causes. Sans étude locale d’attribution des sources, il serait hasardeux d’affirmer qu’une part exacte vient de telle usine, du trafic ou du chauffage.

Dans de nombreuses villes d’Asie du Sud, plusieurs émissions peuvent se cumuler : circulation routière et diesel, combustibles solides utilisés par les ménages ou les commerces, briqueteries, production industrielle, poussières remises en suspension et brûlage à l’air libre. La météo aggrave parfois la situation. En saison fraîche, des inversions thermiques et des vents faibles peuvent bloquer les polluants près du sol pendant plusieurs jours.

Delhi illustre bien cette accumulation. Son niveau annuel de 108,3 µg/m³ en 2024 est inférieur à celui de Byrnihat dans ce classement, mais demeure extrêmement élevé au regard de la valeur-guide de l’OMS. La mégapole combine un trafic massif, des émissions régionales, des sources industrielles et des épisodes saisonniers. Ses mesures de restriction ou d’urgence peuvent améliorer certaines pointes, sans suffire nécessairement à faire baisser durablement la moyenne annuelle.

La géographie compte aussi. Une ville dans une plaine, un bassin ou une vallée peut moins bien disperser les polluants qu’une ville ventée ou littorale. C’est pourquoi deux agglomérations émettant des quantités proches ne présenteront pas forcément la même concentration mesurée dans l’air.

Pourquoi les classements de villes polluées ne donnent pas toujours le même résultat

Un autre palmarès peut citer une autre ville sans être forcément erroné. Il peut couvrir une autre année, ne retenir que les capitales, examiner les pics quotidiens, prendre en compte les PM10 plutôt que les PM2,5, ou reposer sur un réseau de stations différent. La première question à poser est donc : « Polluée selon quel polluant, sur quelle période et avec quelles mesures ? »

  • Un classement de PM2,5 annuelles répond à la question de l’exposition moyenne sur douze mois.
  • Un relevé horaire répond à la question de la qualité de l’air maintenant ou aujourd’hui.
  • Un classement des capitales exclut les petites villes industrielles comme Byrnihat.
  • Le PM10 comprend des particules plus grosses ; l’ozone est un gaz irritant favorisé par le soleil ; le dioxyde d’azote est fortement lié, entre autres, au trafic. Ils ont chacun leur dynamique.
  • Une valeur mesurée près d’un axe routier très fréquenté ne représente pas toujours l’exposition moyenne de toute une agglomération.

Pour vérifier un chiffre, recherchez le millésime du rapport, l’unité affichée et la source primaire. Pour les données françaises, les associations agréées de surveillance de la qualité de l’air réunies au sein d’Atmo France publient des indices et prévisions locaux. Ces outils sont plus adaptés qu’un palmarès mondial pour décider d’une activité le lendemain à Lyon, Lille ou Marseille.

Comment vérifier la qualité de l’air avant un voyage ou un séjour

Cinq vérifications utiles avant de partir

  1. Identifier le lieu exact

    Recherchez la ville, le quartier et, si possible, la station proche de l’hébergement ou du trajet. Une valeur valable pour une vaste agglomération peut masquer de forts écarts près d’un axe routier, d’un port ou d’une zone industrielle. La vérification est suffisante lorsque la station ou le secteur est clairement indiqué.

  2. Choisir une source institutionnelle locale

    Privilégiez le site de l’agence environnementale, de la municipalité ou de l’autorité sanitaire du pays visité. Une application peut compléter l’information, mais vérifiez la station et l’échelle utilisées. Le bon réflexe est d’obtenir une prévision datée, pas seulement un rang annuel.

  3. Regarder le polluant et la période

    Distinguez PM2,5, PM10, ozone et dioxyde d’azote, puis regardez si la valeur est horaire, journalière ou annuelle. Une alerte à l’ozone l’après-midi ne se gère pas exactement comme un épisode de particules lié à un brouillard hivernal.

  4. Adapter les activités extérieures

    Lors d’un épisode signalé, réduisez surtout les efforts longs et intenses dehors : course, vélo soutenu, randonnée rapide. Le choix est adapté lorsque les activités essentielles restent possibles sans ajouter d’exercice respiratoire important aux heures les plus dégradées.

  5. Prévoir un avis médical si nécessaire

    En cas d’asthme, de BPCO, de maladie cardiovasculaire, de grossesse ou de traitement respiratoire, demandez conseil au médecin ou au pharmacien avant un séjour exposé. C’est particulièrement utile si la personne a déjà présenté une gêne respiratoire lors d’épisodes de pollution.

Quels sont les effets possibles sur la santé et quand demander conseil ?

L’exposition aux particules fines est associée à des effets sur les systèmes respiratoire et cardiovasculaire. Les particules PM2,5 peuvent atteindre les zones profondes du poumon ; l’exposition de longue durée contribue à augmenter les risques de maladies. Les repères scientifiques de l’OMS et sa fiche sur la pollution de l’air extérieur décrivent cet enjeu comme un problème majeur de santé publique.

Les effets immédiats possibles lors d’un épisode comprennent irritation des yeux ou de la gorge, toux, essoufflement, aggravation de l’asthme et fatigue inhabituelle à l’effort. Ils ne sont pas spécifiques : une infection, une allergie ou une pathologie cardiaque peuvent donner des signes proches. Il ne faut donc pas s’autodiagnostiquer à partir d’un indice de pollution.

À domicile ou à l’hôtel, un purificateur équipé d’un filtre à particules à haute efficacité et dimensionné pour la pièce peut diminuer les particules présentes à l’intérieur, mais il ne transforme pas un air extérieur pollué en air sain et ne remplace pas les mesures publiques de réduction des émissions. Évitez également d’ajouter des sources intérieures : tabac, encens, bougies en continu, cuisson très fumante ou combustion sans évacuation adaptée.

Les gestes utiles ne remplacent pas les décisions collectives

Le classement de Byrnihat rappelle que l’amélioration durable dépend d’abord de la réduction des émissions à la source : combustibles plus propres, contrôle industriel, transports collectifs et actifs, véhicules moins émetteurs, limitation du brûlage des déchets, bâtiments mieux chauffés et contrôles publics. Les gestes individuels réduisent parfois une exposition ponctuelle ; ils ne règlent pas la qualité de l’air d’une ville.

Avant une journée dans une ville très polluée

  • Consulter la prévision locale le matin et vérifier le polluant concerné.
  • Reporter, raccourcir ou déplacer les efforts physiques intenses en extérieur si un épisode est annoncé.
  • Préférer un itinéraire éloigné des grands axes aux heures de trafic quand c’est possible.
  • Fermer temporairement les ouvertures donnant directement sur une source de fumées pendant un pic, sans négliger l’aération nécessaire du logement.
  • Garder et suivre le traitement prescrit en cas de maladie respiratoire ; ne jamais le modifier seul.
  • Consulter un professionnel de santé avant le départ si une pathologie rend l’exposition préoccupante.

Pour répondre à la question avec rigueur, retenez donc la formule complète : Byrnihat est la ville la plus polluée dans le classement IQAir 2024 des moyennes annuelles de PM2,5. Avant un voyage ou une activité extérieure, remplacez ce rang par une donnée locale datée du jour : c’est elle qui permet de prendre une décision concrète.

Questions fréquentes

Delhi est‑elle encore la ville la plus polluée du monde ?

Non, pas dans le classement IQAir portant sur l’année 2024 : Byrnihat arrive devant Delhi pour la concentration annuelle moyenne de PM2,5. Delhi reste toutefois la capitale la plus polluée parmi celles recensées dans ce rapport, avec 108,3 µg/m³. Un autre classement, une autre année ou un autre indicateur peut produire un résultat différent.

Quelle est la différence entre PM2,5 et PM10 ?

Les PM2,5 sont des particules de 2,5 micromètres ou moins ; les PM10 regroupent des particules jusqu’à 10 micromètres. Les PM10 incluent donc des particules plus grosses, comme certaines poussières. Les PM2,5 sont particulièrement suivies car elles pénètrent plus profondément dans l’appareil respiratoire. Les deux indicateurs sont utiles, mais ne sont pas interchangeables.

Peut‑on savoir quelle ville est la plus polluée aujourd’hui ?

Oui, mais seulement à partir de données en temps réel ou de prévisions locales, et le résultat peut changer d’heure en heure. Vent, pluie, chaleur, trafic, incendies et émissions locales modifient rapidement les concentrations. Un classement annuel répond à une autre question : il lisse les variations sur douze mois et décrit une exposition moyenne, pas l’air respiré maintenant.

Pourquoi l’OMS recommande‑t‑elle 5 µg/m³ de PM2,5 par an ?

L’OMS fixe cette valeur-guide dans ses lignes directrices 2021 afin de réduire les risques sanitaires liés à l’exposition chronique aux particules fines. Ce n’est pas une limite légale universelle et ce n’est pas un seuil magique : les risques évoluent avec le niveau et la durée d’exposition, ainsi qu’avec l’âge et l’état de santé de chaque personne.

Un purificateur d’air suffit‑il lors d’un pic de pollution ?

Non, il peut seulement réduire une partie des particules dans une pièce fermée s’il possède un filtre adapté, est correctement dimensionné et entretenu. Il n’agit ni sur les déplacements dehors ni sur toutes les substances gazeuses. En cas d’alerte, il faut aussi suivre les recommandations locales, limiter les efforts intenses à l’extérieur et demander conseil à un soignant si nécessaire.

Pourquoi les données d’une application et celles d’une station officielle diffèrent‑elles ?

Elles peuvent différer parce qu’elles ne proviennent pas de la même station, n’utilisent pas le même délai de mise à jour, le même polluant ou la même méthode de calcul d’indice. Une station située près d’une route ne reflète pas forcément le fond urbain. Pour une décision de santé ou de voyage, l’avis de l’autorité locale compétente est le repère prioritaire.

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